Confrérie du Phoénix

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 Delta Green

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Amalie Pievif

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MessageSujet: Delta Green   Mer 9 Aoû - 14:44

« Je m’appelle Brad Mac Donnell et j’ai 33 ans, une Jaguar, une Aston Martin, un Range Rover Evoque, une maison au bord de la mer en Floride, un appartement à New York avec vue sur Central Park. J’ai oublié la GT500 ? Oui ? Donc, j’ai aussi une GT500. Je passe sur les actions, les diverses assurances-vies, les placements en Bourse.

Ce que je fais dans la vie ? Je suis Docteur en Médecine. Derrière ce titre ronflant obtenu grâce à ma sueur et à mon travail, il y a une clinique de chirurgie-esthétique. Et derrière la blancheur laquée et immaculée des locaux, il y a des clientes et des clients riches que je charcute allègrement. Seins, nez, yeux, bouche, fesses, mollets, cuisses. Bref, tout ce que je peux gonfler, rapetisser, réparer, prothéser, je le fais !

J’aurais bien aimé qu’on m’appelle Brad les Doigts d’Or. Au final, on m’a appelé Brad le Boucher ; parfois même BB, soit disant grâce à mon physique de golden boy.

Pour ma défense, ma patiente m’avait caché une maladie respiratoire chronique, ce qui a entraîné des complications à l’anesthésie. Mais, nous avons réagi comme il le fallait. Les services d’urgence ont été prévenus et la patiente transférée en réanimation. Bien sûr, je n’ai pas pu terminer sa liposuccion et elle a été hospitalisée avec une cuisse plus grosse que l’autre….ou plus grasse que l’autre ?

Et puis, évidemment, sa famille m’a collé un procès et elle a gagné. Adieu Jaguar, Aston Martin, GT500, Range Rover, maison et appartement. Finie la jolie clinique immaculée en Floride. En fait, finie la vie en Floride.

Tout ce que j’ai pu sauver, ce sont mes costumes, assez d’argent pour m’acheter une vieille Ford d’occasion (j’aurais préféré une Golf Cabriolet, façon films des années 90) et mes livres de médecine. Et me voilà !

Je fais la route jusqu’à San Francisco en profitant des paysages et du voyage. Après on verra bien. Je dois retrouver un ancien de la Fac. Il m’a promis un poste dans sa clinique, quelques vacations pour commencer. Si en plus, il peut me prêter sa chambre d’amis les premiers temps, alors tant mieux.

Et vous au fait ? A part offrir un verre à un parfait inconnu, que faites vous à Phoenix ? Vous êtes légiste ? Ça alors, le monde est quand même petit pour rencontrer par hasard quelqu’un qui travaille dans le même domaine que moi.

Allez, je vous offre un verre pour fêter cette coïncidence incroyable. Vous vous plaisez à Phoenix ? Si la chaleur me dérange ? Non, au contraire. Elle est plus sèche, plus agréable qu’en Floride. Ah bon, vous n’aimez pas ? Et vous partez pour le Connecticut ? Effectivement, cela va vous changer. Et vous cherchez un remplaçant pour accélérer votre mutation. Et bien. Vous n’aimez vraiment pas Phoenix. Si je serais intéressé ??

Mais….je viens de vous expliquer que j’ai des antécédents en Floride…Non, non, bien sûr, je n’ai pas de casier judiciaire ni de condamnation au pénal, mais, je ne crois pas être un bon candidat pour travailler pour la ville de Phoenix, pour autant.

Le FBI !? Vous voulez dire que vous êtes légiste fédéral ?! Mais, enfin…je n’ai pas l’examen, ni les autorisations nécessaires pour exercer au niveau fédéral. Comment ça une formalité ? Une formation ? »

Ça peut m’arriver qu’on me cloue le bec, mais pas souvent, il est vrai. Mais, quand je repense à cette conversation de bar, c’est-à-dire souvent, je me dis que si le destin n’existe pas, alors il existe au moins des coïncidences extraordinaires. Moi qui suis une scientifique pur et dur, j’ai beaucoup parlé de cette rencontre décisive dans ma vie et dans ma carrière. On m’a répondu destin, Dieu et même ces fadaises de grands anciens. Moi, j’en ai conclu qu’être bavard avait ces bons côtés et qu’au final, c’est en communiquant d’une manière ou d’une autre qu’on parvient à influer sur notre vie.

Et donc, c’est ainsi que moi, Brad Mac Donnell, promis à un brillant avenir dans l’esthétique, je suis devenu médecin légiste pour le FBI et affecté au Bureau de Phoenix pour le territoire de l’Arizona.

Très honnêtement, c’est un bon job. La paie n’est pas terrible mais je ne passe pas non plus mon temps les mains dans la bidoche. J’ai le temps de me documenter, de lire, ce qui est important dans mon domaine. J’ai passé aussi quelques diplômes en toxicologie et en pharmacologie et puis, j’enseigne, ce qui convient bien à mon tempérament bavard.

Trop rarement à mon goût, je me déplace aussi sur les scènes de crime et très souvent, je retrouve la même équipe de 3 gars :

- John Doe (oui, je sais, à notre première rencontre, je lui ai dit que j’en avais plein mes tiroirs des gars comme lui)

- John Shepard (pas un bavard celui-là, il m’a longtemps fait penser à un ancien militaire avec sa coupe en brosse et son dos anormalement droit. Bon, depuis, j’ai appris que c’était effectivement un ancien militaire)

- Sean O’Hara (dans le genre catholique superstitieux et Irlandais. Je n’ai pas encore vu sa croix, mais je suis certain qu’il en porte une autour du cou).

Jusque là, je ne côtoyais mes trois collègues de terrain que de loin en loin, mais ce que nous vécûmes en ce mois d’Août 2017 scella entre nous une sorte de pacte qui renforça notre partenariat. A plus d’un titre d’ailleurs, mais j’y reviendrais.

Et même si je continue de clamer haut et fort ma dévotion à la science, quelque part au fond de moi – au fond de nous – une boîte de Pandore est en train de s’ouvrir. Une boîte qui pourrait bien nous révéler un monde ou même des mondes infiniment plus vastes et plus redoutables que celui que nous pensons connaître.
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Amalie Pievif

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MessageSujet: Re: Delta Green   Jeu 7 Sep - 16:01

En ce matin brûlant du 9 Août 2017, je m’occupe de la paperasserie (bon, d’accord, je photocopie mes notes de frais) quand un texto me convoque au bureau du Directeur. A sa porte, je retrouve John Doe, John Shepard (je les surnomme Double John) et Sean O’Hara ; ce qui est pour moi une bonne nouvelle. Cela signifie que je vais quitter mon labo aseptisé pour une enquête de terrain. Et j’ai effectivement raison.

Depuis son lourd bureau de pseudo-acajou financé par les bureaucrates de Washington, son crâne chauve brûlé par le soleil qui semble luire sous la lumière crue de ce matin d’été et sa carrure de footballeur américain bien installée dans son fauteuil ergonomique, le Directeur nous invite à nous asseoir d’un simple geste de sa main de la taille d’un battoir. Je pense que je n’aimerais pas être son gosse.

C’est John Doe qui demande sur quelle enquête nous sommes affectés. Toujours direct le John Doe. Et le chef lui répond tout aussi directement. C’est ça aussi le FBI. La communication réduite à son strict minimum de mots. Efficace et rapide. Moi, je préfère quand on discute un peu. De préférence autour d’un café, en discutant famille ou cinéma…Ah, je m’égare. Donc, notre nouvelle enquête.

Il s’agit d’une série de disparitions, à la limite de la réserve indienne, située à l’ouest de l’Etat, le long de la Nationale 70. L’enquête des autorités locales semble pencher pour des kidnappings en série mais le profil des victimes n’est pas convaincant :
- un couple de retraités
- l’employé célibataire d’une station-service
- un duo de pêcheurs
- deux familles Européennes en vacances
- une famille d’éleveurs de bétail des environs
Toutes ces victimes potentielles ont disparu corps et biens et le seul point commun entre elles est la route du démon, soit la Nationale 70. Si les autorités locales n’en parlent pas, le Chef, lui, n’hésite pas à nous orienter vers de potentiels terroristes ou même des Indiens radicaux, mais le dossier ne fait état d’aucune revendication, pas davantage de demande de rançon. Le Chef nous congédie avec les noms de nos deux contacts locaux : le Major Frank Garrett de la Police locale et le Sheriff Mangas Colorados de la Police indienne.

Nous nous mettons en route le jour même, après avoir réquisitionné deux Ford SUV de fonction, heureusement climatisées. Et c’est sous un soleil de plomb et des vagues de chaleur que nous bouclons les deux heures de trajet jusqu’à la bonne ville de San Carlos.

Dans cette bourgade typique de l’Amérique profonde, il ne nous est pas difficile de repérer les trois endroits les plus utiles à notre enquête : le bureau du Sheriff (facile, avec les trois voitures de patrouille garées devant), le restaurant du coin intitulé le Pelican Bleu pour une raison absolument impossible à deviner et le motel où nos chambres ont déjà été réservées par la diligente secrétaire du patron.
Nous commençons par le bureau du Sheriff, politesse oblige, où notre arrivée provoque un certain émoi, heureusement vite tempéré par la bonne volonté et l’intelligence évidente du Major Garrett. Celui-ci nous invite au Pelican Bleu et au moment du café, nous conseille de visiter chaque scène de disparition. La plus évidente étant le Ranch de la famille Bagey.

Tandis que nous roulons vers le Ranch Bagey, le Sheriff nous brosse un rapide portrait de Vittorio Bagey, éleveur de moutons respecté par ses pairs mais aussi par les Indiens dont sa propriété jouxte la réserve. Sa femme et ses deux enfants ont aussi disparu.

Arrivés au Ranch, c’est un voisin Apache qui nous accueille. D’après lui, Vittorio se plaignait depuis quelques temps de la disparition de certains de ses moutons. La veille de sa disparition, Vittorio avait décidé de veiller pour surprendre le voleur, humain ou animal.

Après ces informations, nous décidons de visiter la maison mais ceci ne nous apprend rien. Les lits sont défaits, mais nous ne constatons aucun autre désordre. C’est lors du tour des étables et des parcs à moutons que le nez citadin de John Doe renifle l’odeur caractéristique de la pourriture et de la terre fraîchement retournée. Dans un des parcs à moutons, nous découvrons le cadavre décomposé d’un mouton. Encouragés par cette découverte, nous mettons une heure à déterrer une vingtaine de cadavres de moutons ainsi que les restes partiellement dévorés de la famille Bagey, enfants compris.

Prévenus par radio, le Sheriff Mangas Colorados arrive à son tour et remarque rapidement des empreintes de coyote à proximité du parc à moutons. Il nous signale d’ailleurs que les Apaches ont remarqué un comportement anormal de ces animaux. C’est alors que les deux Apaches font une remarque qui attire notre attention. Selon eux, l’esprit coyote, un animal totem, tenterait de nous aider dans notre enquête. Cette remarque fait sourire le scientifique que je suis, et je ne suis pas le seul. Mais, nous évitons de répondre. Inutile de froisser les croyances indiennes, cela n’aiderait pas notre enquête.

Deux heures plus tard, la propriété a été passée au crible (autant qu’il est possible de fouiller un ranch) et les corps soigneusement emballés et emportés à San Carlos, dans les frigos du légiste local. Nous suivons le fourgon mortuaire jusqu’à la ville, dînons au Pelican Bleu puis allons nous coucher. Demain, une grosse journée m’attend !
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Amalie Pievif

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MessageSujet: Re: Delta Green   Ven 8 Sep - 14:45

Le lendemain, à peine mon café avalé, je retourne au bureau du Sheriff. A l’arrière du bâtiment, se situe les locaux du légiste local. Je passe blouse, gants, surchaussures et charlotte, prends mon scalpel et mon enregistreur numérique. Et enfin, j’entre dans le vif du sujet.

Mes collègues, peu attirés par cette facette de ma profession, essaient d’obtenir un chien policier pour tester chaque scène de crime (on ne peut plus dire qu’il s’agit de disparitions désormais).

Sean O’Hara, lui, se rend au Arizona Carlos, le journal du coin, pour rencontrer Simon Carter. Le journaliste qui a couvert les disparitions semble plus intéressé par l’avancée de l’enquête et la raison de la présence du FBI à San Carlos. Quant à la route 70, il ne l’a surnommée route de la mort que pour vendre ses articles.

Pendant ce temps, Double John, qui ont réussi à obtenir un nez sur pattes (je n’aime pas les chiens), visitent la première scène de crime, y découvrent les véhicules des disparus et les passent au crible. Sans résultat pour l’instant.

Dans la morgue climatisée, je termine d’enregistre mon dernier rapport d’autopsie. Malheureusement, les bilans sanguins n’ont identifié aucune toxine particulière. Quant aux constatations physiques, rien de significatif non plus. Des traces de couteau, de type couteau de chasse, et des morsures. Mais c’est une telle boucherie qu’il m’est impossible de savoir s’il s’agit d’un humain ou d’un animal. Une chose est néanmoins sûre. La mort de cette famille a été longue et horriblement douloureuse.

Dépité par son entrevue avec le journaliste, Sean O’Hara retrouve Double John au campement des deux amis pêcheurs. Ils n’y trouvent aucun indice. Pas de trace de coyote et le sac à puces normalement doué d’un odorat sans faille ne trouve pas davantage de cadavre.

En route pour le parking où les deux familles de touristes Allemands ont disparu, John Doe a le regard attiré par un éclat brillant. Mes trois collègues s’arrêtent mais ne distinguent rien, hormis un talus de boue séchée sur lequel de l’herbe pousse déjà. Il faut dire que l’Arizona a connu des pluies diluviennes le mois dernier. C’est alors que le détecteur à fourrure réagit. Encouragés par le sac à puces, ils découvrent des traces de coyote qui contournent le talus. L’animal, seul, a fouillé le talus et en a dégagé…le toit d’une voiture.

Aussitôt, mes collègues avertissent le Sheriff Garrett qui me prévient à son tour. Le Sheriff réquisitionne la pelleteuse municipale et nous nous mettons en route.

Une fois, la voiture dégagée, j’en ouvre la portière et une odeur de décomposition se répand, qui éloigne aussitôt tous les curieux. Il me semble même entendre le conducteur de la pelleteuse rendre son repas.

En vérité, ce n’est pas si terrible. Le corps assis derrière le volant est desséché, à la limite de la momification. Non, le pire, ce sont les suicidés. Ceux qui se pendent par exemple. Les yeux exorbités, la langue pendante, le teint bleu à cause du manque d’oxygène. Non, franchement, ce n’est pas terrible pour l’enterrement. Et puis, il y a aussi les noyés. Le ventre et la peau distendus par l’eau. Souvent, je me suis dit que le corps humain pouvait se transformer en la peau luisante et froide d’un poisson. Et puis, souvent, les poissons on mangé yeux et doigts, ce qui accentue la ressemblance avec un poisson… Ah, oui, je digresse encore… Ne vous plaignez pas, je n’ai pas détaillé les morts brûlés…

Bref, le cadavre qui nous occupe pour l’instant est celui d’un homme qui s’appelait Kenneth Bretherman d’après les papiers contenus dans son portefeuille. La cause de la mort paraît évidente : éventration. Monsieur Bretherman a les intestins répandus sur ses genoux ; enfin, ce qu’il reste de ses intestins et de ses genoux. Par contre, ses poumons ont disparu. Ces constatations n’appellent que deux conclusions possibles : soit quelque chose a voulu sortir de son corps (vous entendez la petite musique, genre la vérité est ailleurs ?), soit Monsieur Bretherman s’est arrêté au mauvais endroit et s’est fait dévorer par un coyote au comportement anormal, voire peut-être par un animal totem. Oui, désolé, quand je suis inquiet, je deviens sarcastique.
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Amalie Pievif

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MessageSujet: Re: Delta Green   Lun 11 Sep - 14:19

Tandis que je procède à son autopsie, mes collègues découvrent que Kenneth Bretherman était un policier suspecté de meurtres de prostituées. Il aurait été un tueur en série dont l’épouse aurait disparu et ses deux enfants tués de la même façon que lui, par éventration. Le mystère s’épaissit. D’après mes résultats, Kenneth Bretherman serait notre patient zéro, le premier mort de toute notre série de disparitions. En tout cas, il est évident qu’il avait pris la fuite de Houston, sans son téléphone ni son arme de service, mais avec sa propre voiture.

Le rapport avec les morts des prostituées ? De ses enfants ? C’est quand même bizarre. Hormis la cause de toutes ces morts, le mode de contamination si je puis dire, me ferait presque penser à un agent pathogène, type virus ou bactérie. Mais, bon, il n’y a qu’un homme ou un animal pour éventrer des hommes. Tout ceci est très étrange. Et nos réflexions finissent par tourner en rond.

Nous décompressons au bar Irlandais autour d’une pinte et discutons de choses et d’autres avec le barman, avant de rentrer au motel, quelque peu découragés par la tournure que prend notre enquête.

Mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Dans nos chambres respectives, nous découvrons un paquet. Sans y toucher, John Doe appelle la réception qui n’est au courant de rien. Pas de livreur, ni de coursier aujourd’hui. John Shepard ouvre le paquet et découvre des coupures du Geographic USA. Dans notre chambre à Sean et moi, nous découvrons exactement le même contenu. Ces articles relatent tous le même évènement : une pluie de météorites en Virginie Occidentale. Des pierres du ciel, nommées aérolytes, ont été retrouvées dans le Comté de Lowry. (Ok, retour de la petite musique…)

A partir de ces coupures de presse, nous lançons une recherche internet sur le portable de Sean. Bientôt les informations défilent sur son écran. Tellement d’informations qu’il nous faut une partie de la nuit pour trier toutes ces données et en tirer une chronologie compréhensible des évènements.

En Février, la pluie de météorites et ses aérolytes dans le Comté de Lowry.

En Mars, les premiers meurtres avec traces d’éventration et de cannibalisme, toujours dans le Comté de Lowry. Ce qui est troublant, c’est le déménagement à Nashville du légiste qui a autopsié ces premiers cas. Une semaine plus tard, mon infortuné collègue est retrouvé éviscéré.

Et voilà que des SDF disparaissent. Puis, on retrouve leurs corps éviscérés. Un prêtre est soupçonné, puis relâché et retrouvé éventré à son tour en Avril.

Dans les semaines suivantes, c’est à la Nouvelle Orléans que les morceaux du corps d’Elie Jackson sont retrouvés ; Elie Jackson qui était notoirement connu pour vagabondage à Nashville. Le meurtrier suspecté, un certain David Charles, originaire de Houston, est retrouvé en Juin, éventré à son tour.

S’ensuit à Houston, une série de meurtres de prostituées dont le principal suspect, Kenneth Bretherman, tue également ses enfants avant de disparaître…pour mieux réapparaître dans un fossé de San Carlos, le long de la route de la mort.

Une fois, cette chronologie établie, un long silence accablé tombe sur notre équipe d’enquêteurs. Qu’avons-nous découvert au juste, hormis une route sanguinaire de cadavres et de morts horribles ?
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Amalie Pievif

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MessageSujet: Re: Delta Green   Jeu 14 Sep - 17:49

Sean est le premier à s’exprimer et nous soumet sa théorie d’un tueur en série qui force ses victimes à se nourrir de chair humaine. Mais, pour moi, il est évident qu’il s’agit d’un virus ou d’une bactérie inconnue apportée par les aérolytes. La dispersion et la contamination sont des indices évidents.

Néanmoins, une question subsiste. Qui nous a fait parvenir ces paquets ? Et pour quelle raison ? Ce qui nous rappelle un autre fait : que viennent faire les coyotes dans cette sinistre histoire ? Je me demande s’ils peuvent être infectés de la même façon que les humains. Nous nous séparons, très tard dans la nuit, trop tard pour faire notre rapport au directeur.

Profondément troublé à l’idée d’une bactérie extraterrestre de laquelle nous ignorons tout, je m’endors d’un sommeil troublé et agité. Au point de rêver avec une rare netteté d’une caverne sombre et profonde sur fond de hurlements de coyotes. Et à l’entrée de cette caverne, un coyote m’attend, posé sur son arrière-train, ses yeux tranquilles de prédateurs rivés aux miens.

Ce rêve me poursuit encore à mon réveil et je ne peux m’empêcher d’en parler à mes collègues. Et malgré leur scepticisme, nous décidons d’aller à la réserve indienne, nous renseigner auprès du Sheriff Mangas Colorados.

Il nous apprend que le coyote est un animal sacré, la divinité la plus importante de leur panthéon. C’est un esprit protecteur aussi rusé que maladroit, un guide parfois trompeur. Nous ne pouvons nous empêcher de sourire à cette description si folklorique et le Sheriff prend la mouche. Néanmoins, il accepte de nous mener aux Anciens de sa tribu le lendemain, après la fin de la réunion du conseil. Nous passons le reste de la journée à terminer nos rapports et j’envoie des échantillons sanguins et tissulaires au CDC d’Atlanta, car s’il s’agit d’une bactérie extra-terrestre, mes analyses classiques ne l’ont sans doute pas détectée.

La nuit suivante, c’est John Shepard qui rêve de la caverne et du coyote. Nous le retrouvons, tel un zombie, au petit déjeuner. Bien sûr, je reconnais tout de suite mon propre rêve dans ses paroles, mais John et Sean restent sceptiques.

Malgré tout, nous retrouvons Mangas Colorados et ses adjoints et nous les suivons sur la piste qui mène au lieu de réunion des Anciens. John et moi nous sentons mal à l’aise car les lieux nous rappellent notre rêve par trop d’exactitude. Quand, tout à coup, nos deux collègues nous plaquent au sol.

Un coup de feu claque et l’adjoint du Sheriff tombe, raide mort. Le Sheriff demande des renforts par radio tandis que nous nous traînons à l’abri des tirs. Ma première pensée consciente dans toute cette confusion est qu’il ne s’agit pas d’un coyote. John Doe s’élance vers la caverne, tandis que Shepard et moi rampons discrètement. Sean couvre John Doe en tirant en direction de notre agresseur à peu près à l’entrée de la caverne.

Efficacement couvert par Sean, John Doe n’est pas long à gagner l’entrée de la caverne sacrée, même s’il le regrette aussitôt. Le tueur s’est envolé, mais il laisse derrière lui une très nette odeur de décomposition et de mort. Prudemment, John Doe entre. De cet antre sacré, ne reste qu’un mausolée souillé et putride. Quatre hommes y sont morts, vidés de leur sang et réduits à l’état de lambeaux de chair. Un authentique puzzle macabre.

Malgré l’horreur et la consternation, nous fouillons les lieux. Sean O’Hara découvre bientôt une étrange sphère semi-transparente de la taille d’un ballon de basket-ball. Sean l’observe avec attention et aperçoit des circuits et des fils électriques. Il pense aussitôt à une bombe et hurle « Attention ! Bombe ! ». Il est des réflexes qui ont la vie dure. Ex-militaire, John Shepard observe l’étrange engin à son tour et la photographie. La perplexité se lit sur son visage habituellement de marbre. Mais, il n’a pas le temps de nous faire part de ses réflexions.

Le Sheriff s’empare de la sphère au titre de pièce à conviction, de même pour une douille de fusil. Nous laissons faire. Colorados est sur son territoire, en plus de sa juridiction et ce n’est vraiment pas le moment de risquer un incident diplomatique qui pourrait réduire à néant notre enquête. Assez étonnamment, nous obtenons l’autorisation d’autopsier les corps.
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MessageSujet: Re: Delta Green   Lun 18 Sep - 10:43

Tandis que mes collègues retournent au motel, je rédige mes premières observations. Les quatre hommes ont été partiellement dévorés et portent des traces de piqûre. Il faudra attendre quelques jours pour avoir les résultats toxicologiques.

Dans la nuit qui suit, nous sommes réveillés par un appel du bureau du Sheriff Colorados. Ses trois hommes qui gardaient la sphère ont été tués par arme à feu puis scalpés. Et bien sûr, la sphère a disparu. Nous apportons aussitôt notre aide au Sheriff en procédant à l’enquête de voisinage. Du vacarme, des cris de coyote, deux coups de feu mais aucun bruit de véhicule. Voilà le résumé des témoignages recueillis.

Au lever du jour, fourbus par notre enquête nocturne, nous regagnons nos pénates quand notre chef de section nous convoque à une conférence téléphonique dans le bureau du Sheriff, et en urgence ! Nous nous y précipitons ! Car cela ne peut signifier qu’une chose. Notre Bureau a identifié un suspect grâce à nos rapports quotidiens. Et c’est effectivement le cas.

Autour d’un café lavasse mais chaud, nous apprenons qu’un soldat, déserteur d’Afghanistan, serait revenu en douce à son domicile, en plein cœur de la Réserve Indienne. Il s’agit de l’ex-Sergent Chef Emmanuel Santana. Colorado connaît l’homme, même s’il ignorait son retour, et se souvient d’un homme discret qui vivait en ermite. Avec un CV pareil, notre suspect ne va pas être facile à dénicher et encore moins à appréhender.

Rapidement, le Sheriff organise une battue dans les collines où vivait l’ex-soldat. Il réunit cent quatre-vingts personnes, des chiens et obtient même un hélicoptère en un temps record. Au même moment, nous obtenons enfin les vidéos du bureau du Sheriff. La mauvaise qualité ne nous permet d’identifier Santana que par la taille et la corpulence.

L’après-midi est déjà entamée quand la battue commence. Et vers cinq heures, un appel radio nous signale des restes humains à moitié dévorés à moins d’un kilomètre d’une caverne. Rapidement, nous nous équipons de gilets pare-balles et de fusils d’assaut et partons à l’assaut de la caverne.

A peine quelques pas plus tard, une détonation claque et l’un de nos hommes s’effondre. Sean tire à son tour et hurle « je l’ai touché ! ». Mais cela ne semble pas perturber Santana pour autant puisqu’il réplique. A nouveau, Sean le touche en peine poitrine mais Santana ne tombe pas. C’est tellement bizarre ! C’est au tour de John Doe de s’effondrer en hurlant. O’Hara le tire à l’abri. John Shepard, lui, n’y comprend rien. Il voit où sa balle a touché mais Santana refuse de tomber.

Les coups de feu s’enchaînent, les chargeurs aussi, tandis que nos compagnons tombent comme des mouches. Il nous faut près d’une demi-heure pour enfin, venir à bout de Santana qui finit par s’effondrer face contre terre.

Dans les heures qui suivent, les blessés et les morts sont emmenés. Fort heureusement, John Doe s’en tire avec une égratignure.
A peine reposé, je pratique l’autopsie du forcené, assisté du Docteur Joseph Gutierrez mais aussi de John Shepard qui veut connaître le fin mot de cette histoire.

Alors que j’entame ce qu’il reste du thorax du mort, des filaments argentés en jaillissent brusquement. De réflexe, je les attrape à pleines mains et ces fichus filaments se referment sur mon masque et mes poignets. Mais, John Shepard dégaine son arme et me sauve de deux tirs bien placés. Bon sang ! Si on m’avait dit que les salles d’autopsies pouvaient être dangereuses ! Mais, de quoi s’agit-il ? Ou pour reprendre l’expression de Shepard « Qu’est-ce que c’est que ce truc ?! »

Après quelques soins sommaires, je termine l’autopsie de Santana qui s’avère sans surprise (en même temps, il a été littéralement déchiqueté par nos balles). Nous n’avons même pas le temps de savoir que faire de cette étrange créature filamenteuse qu’un texto fait vibrer nos portables « RDV à votre motel, MG ».

Nous nous y rendons et c’est une femme qui nous attend. Elle se présente comme étant Mademoiselle Gwen, officiellement Agent de la CIA mais officieusement Agent Delta Green, une agence qui enquête sur des affaires paranormales et des complots. Et cette agence veut nous recruter….
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